Skip to main content

Responsabilité Sociétale des Entreprises et réseau de confiance

« trop long ; pas lu » Une rétrospective personnelle d’une participation recente à un projet porté par des bénévoles (mais pas que…).

Temps de lecture approximatif : 7 min

Cet article a été publié le 26 mars 2022 la première fois depuis
https://hackmd.io/@th1errymarianne/

Rétro du 4 Mars 2022 au 15 Mars 2022 🗓️

Ne seront nommés ni ce projet, ni ces bénévoles
avec l’intention claire de ne pas nuire
aux parties prenantes principales de la solution développée.

La perspective décrite ici est sans aucun doute réductrice pour les raisons suivantes :

  • 🤓 une vue très partielle de la situation à disposition et
    teintée d’une expérience passée avec des communautés de collaboration ouverte en ligne
  • 🕸️ une appartenance à une seule des nombreuses sous-communautés ayant été impliquées dans ce contexte (mot-clef: - cette estampille fait peut-être d’ailleurs partie d’un problème plus général 😬).
  • 🚪 un choix personnel de quitter le projet très rapidement c.a.d après moins de deux semaines (par la clôture de tous les comptes ouverts en ligne avec le projet)
    à la suite de l’apparition d’une vague intuition et de sa croissance progressive dans mon esprit (sans doute un biais de confirmation 🙈 nourri par le temps)

Ticket d’entrée 🎟️

Un projet de refonte logicielle

  • à impact social 💥 et
  • à but non lucratif 💸

➡️ De cette prémisse est né un sentiment personnel d’effervescence 🤯

Après tout, les jours ne confèrent pas ce sentiment d’accomplissement personnel à tou·te·s.

⚠️ Divulgâchis pour la suite de cet article : J’aurais été d’un iota trop optimiste…

Engouement et pléthore d’outils à disposition 🔨

Une communauté déjà solide est mobilisée (+100aine de personnes impliquées) autour

  • de salons de discussion 💬
  • d’une documentation vivante 📄
  • d’une solution d’hébergement ☁️
  • d’une application à refondre 🎯

➡️ Des opportunités de contributions techniques se dessinent alors
en vue de participer un tant soit peu à la mission du projet

Doutes et interrogations 🤔

En immersion dans les salons de discussion 💬

Découverte hasardeuse de questions plus ou moins délicates posées 🙄 et
somme toute légitimes dans un contexte où la base du volontariat prévaut,
et où elles demeurent pour la plupart sans réponses (sauf erreur de ma part) à propos

  • du domaine d’activité concerné pour lequel la présence d’experts 🕵️
    avec qui échanger 💬, semble absente du forum virtuel où se tiennent les discussions
  • de la provenance d’une organisation dont le processus décisionnel
    semble essentiellement orienté selon une approche descendante ↕️
    (de «décideurs» aux «exécutants» en passant par différentes couches filtrantes et d’intermédiation) sans remettre ici en cause l’efficacité de ce schéma opérationnel
  • une feuille de route 🗺️
    • difficile à stabiliser,
    • peu évidente à superposer aux défis techniques appréhendées quasiment à la volée par les plus expérimentés,
    • concordant au départ avec le sentiment d’urgence latent partagé et qui tendra vers une evanescence quasi-totale en l’espace de 2 à 3 semaines et
    • à relier au niveau de disponibilité difficilement prévisible des bénévoles avec lequel on compose

➡️ Une entrée en matière associé à un rythme cahoteux
mais encourageant quant à un aboutissement proche dans le temps prenant la forme d’un déploiement

Des opinions divergentes 🖖

Des attentes plus profondes se font sentir, entendre, et lire chez certains contributeurs [1]
en particulier quant à

  1. la gouvernance globale 👑 du projet
  2. la licence 👀 de sources développés dans le contexte seul du projet et en partant d’une page blanche par des bénévoles dont le travail fourni pouvait être estimé à quelques fractions d’heures pour certains, ou jusqu’en jours pour les plus impliqués d’entre eux tout en ayant jamais

Prise de décisions impactantes 💥

Autant est-il compréhensible et légitime que les initiateurs d’un projet d’entreprise souhaitent
maintenir une certaine forme de contrôle sur un projet d’envergure susceptible d’impliquer un tel nombre d’individus (si ces derniers avaient été employés),
… autant est-il bien moins évident de saisir comment une structure qui

  • n’en est encore qu’à ses débuts (association dont les statuts auraient été à peine déposés et ce, sans concertation reconnue comme suffisante par des contributeurs actifs et bénévoles à un projet à but non lucratif),
  • et qui en résultante, doit encore faire ses preuves,

puisse passer outre des fondamentaux tels que ceux :

  • d’un remport d’adhésion en court-circuitant la mise en place d’un processus décisionnel,
    ne serait-ce qu’en partie et vis à vis de la communauté technique et
  • d’une démonstration du respect du travail et d’efforts d’autrui

présageant toutefois de la santé future de la dite-structure.

À la recherche de circonstances atténuantes 🔎

La question de la gouvernance n’aurait peut-être pas fait débat si un consensus avait été établi dès le départ quant au modèle de prise de décision adopté dans ce contexte à mi-chemin
entre un modèle traditionnel entrepreneurial hiérarchique explicite et des alternatives qu’on peut découvrir

  • au sein de communautés en ligne associées à des processus de décision
  • chez des entreprises innovantes lorsqu’elles sauraient profiter de l’effet de levier d’une intelligence collective
    Exemples [2]: LesTilleuls.coop ou Enspiral

Un tel consensus n’était pas perceptible dans son entier,
notamment quant à des sujets plus délicats que ceux liés à une «gestion du projet» de refonte initial.

L’adoption de points de vue en opposition et dépassant le cadre purement technique (encore que) et organisationnel a été amené par

  • une lecture entre les lignes d’une volonté plus ou moins franche de promouvoir ou non une souveraineté numérique
    Après tout, si un projet à but non lucratif n’en tirerait pas quelques avantages, quand s’agirait-il alors de s’évertuer à appliquer une telle démarche ?
  • le choix de l’installation d’outils pouvant être perçus comme controversés relativement au respect du RGPD et pour lesquels il est suffisant de laisser chacun·e se faire une idée à partir par exemple de la lecture de cet article proposé par la CNIL et publié le 10 février 2022 (rédigé en anglais 🇬🇧).
    Cet article fait état de transferts de données jugés illégaux liés à la mise en place de tels outils dans le passé.

Déploiement et effets de bord 📦

Un déploiement attendu en production se substituant à un existant
commençant à montrer des signes de fatigue,
finit par survenir lors d’une session de migration vécue en direct 🎙️.

Qu’ajouter de plus si ce n’est qu’on atteint ainsi un point de satisfaction collectif indéniable 😌.

Ayant alors quitté la communauté le lendemain, à la suite d’un changement de ton concernant
la question de l’absence ou de la présence d’une continuité dans le portage d’outils de «pilotage» évoqués auparavant, j’aurais alors pu me satisfaire d’avoir au moins pu voir bon an, mal an des objectifs concrets être atteints c.a.d.

  • la réécriture d’une solution existante mais pour laquelle des limites ont été identifiées,
  • le décommissionnement de cette dernière,
  • le déploiement d’un successeur,
  • l’implémentation continue de ses évolutions et sa maintenance

Le sort aura voulu qu’il aura été nécessaire de rembobiner ce scénario optimiste et à la suite de cet incident, on pourra retenir

  • que dans une culture[3] où on souhaite se passer de reproches contre-productifs
    et où on demeure pleinement responsable de ses actions,
    chacun·e doit pouvoir se réapproprier son droit à l’erreur et
    se sentir en sécurité à l’évocation des erreurs commises
  • qu’une absence avérée à un moment-clef comme au démarrage d’un projet,
    et un déficit d’information quant aux ambitions de départ ou
    de nouvelles ayant fait leurs apparitions au fil de l’eau,
    auraient participé à la construction d’une interprétation personnelle d’intentions
  • qu’un choix de contributions arbitraires susceptible d’avoir un impact positif dans le cadre de tout projet similaire puisse être objectivé
    à la lumière de la communication de la gouvernance adoptée
    en accord avec des croyances et valeurs (existence d’un code de conduite, d’un processus de contribution et de licenses logicielles adaptées et suivant peut-être des conventions),
    impliquant que le processus de contribution soit rendu public et que le travail de bénévoles soit reconnu sous une forme ou une autre en conséquence
  • que le balayage d’un revers de main de propositions (bien qu’établies en vue de réparer des pièces de collaboration jugées comme dysfonctionnels par des membres actifs au sein d’une communauté de bénévoles) ne saurait être on ne peut plus simple ou expéditif
  • qu’on peut s’étonner du choix assumé d’une poignée d’individus à l’initiative d’un tel projet, d’adopter une stratégie plus proche de «celle d’une start-up que d’un collectif» (et oserait-on dire à but lucratif par la même occasion 🤫 - en s’appuyant sur le fruit d’une somme de travail non-négligeable, et non-rémunéré) et ce, après que des individus se sentant particulièrement concernés par l’ouverture d’une discussion à propos des modalités d’une gouvernance et ses suites naturelles possibles en lien avec la licence du code produit,
    soient écartés du fait d’un épuisement moral ou d’une lassitude.

Points d’adhérence au delà des frictions 🚲

En conclusion, soulignons les aspects positifs associés à cette expérience

  • ✅ Le projet initial se poursuit après avoir réuni en peu de temps un nombre d’acteurs motivés.
    ➡️ On peut parler de douleurs de croissance 🌱
  • ✅ Des membres de la communauté associé à ce projet,
    et a fortiori les techniciens ayant contribué indirectement au débat
    portant sur la gouvernance et l’ouverture de portions du code source du projet sont d’accord sur un point.
    ➡️ Ils entretiennent l’espoir que les parties prenantes découvriront aussi tôt que possible
    une utilité concrète dans l’usage des prochaines versions de la solution offerte ou de ses alternatives 🤞, sous réserve que nous n’aurions pas affaire à une énième occurrence de technosolutionnisme 🚀
  • ✅ Cet apprentissage aura été une preuve concrète de ce qui est possible
    en l’espace de quelques semaines en faisant fi de contraintes imposées
    par une unique personne morale bien établie
    ➡️ Démarrage en trombe envisageable mais gare à la signalisation 🛑
  • ✅ Des liens potentiellement forts et durables entre membres des sous-communautés, se sont forgés.
    ➡️ Le partage de valeurs et motivations rapprocherait-il donc ? 😅

  1. 5 à 10 techniciens, nombres à mettre en regard avec le fait qu’ils soient auteurs de 70% à 80% des changements en étant conservateur et en mesurant ces dires via nombre de commits (article rédigé en anglais 🇬🇧) ou système de votes éphémères 👍 👎 ouverts quant aux sujets sur lesquels une décision ou une annonce est attendue). ↩︎

  2. Aucun lien particulier n’existe entre les organisations citées en exemple et l’auteur de cette rétrospective. ↩︎

  3. Culture de l’analyse des incidents rédigé par Sue Lueder et John Lunney ↩︎